Presque tout ce qui arrive à l’eau d’un spa gonflable se règle avec une bandelette, une cartouche rincée au jet et, si le désinfectant est à zéro, un traitement choc. Ce que ces gestes ne rattrapent pas, le rayon ne le rattrapera pas non plus : on vide. Huit cents litres d’eau du robinet coûtent 3,91 euros au prix moyen français, plus 4 à 7 euros pour les remonter à 38 °C.
Ce soir, dans l’ordre : la bandelette, la cartouche, la filtration
Quel que soit le symptôme, les trois premiers gestes sont les mêmes et ne coûtent rien :
- La bandelette, quinze secondes dans l’eau, comparée au nuancier du flacon.
- La cartouche, sortie et passée au jet entre les plis. Brune après le jet, une neuve.
- La filtration en continu jusqu’à ce que l’eau revienne.
Ce que la bandelette doit lire :
Les mg/l et les ppm sont la même unité. L’étiquette des pastilles vise plus bas, 1 à 1,5 mg/l chez Bayrol, la moitié de ce que votre notice demande. La cible est celle de la notice.
Puis vous faites ce que la bandelette a dit. Désinfectant à zéro : un choc, une dose forte d’oxydant. Au chlore, 12 g de granulés pour 800 litres, couvercle ouvert, filtration 24 heures, plutôt le soir. Au brome ou à l’oxygène actif, 16 g de leur oxydant. Les pastilles du diffuseur ne font pas de choc.
Le lendemain, la bandelette tranche : chlore repassé sous 3 mg/l pour un adulte, sous 1,5 pour un enfant, et on se rebaigne. Le même choc se fait à la mise en eau et après une soirée à six. Sur un NetSpa, dosez au gramme, sa notice range le choc parmi les surdosages que la garantie ne couvre pas.
pH au-dessus de 7,6 : du pH moins, 8 g par dixième pour 800 litres, le TAC vérifié d’abord.
Un à trois jours plus tard, l’eau est revenue. Encore blanche au quatrième jour avec des chiffres dans la cible, ou vieille de plus d’un mois, on la vide.
L’eau est trouble ou laiteuse
Une eau blanche vient d’une cartouche saturée, d’un pH ou d’un TAC trop hauts qui font précipiter le calcaire, ou d’un désinfectant à zéro. Après les trois gestes, le pH d’abord : trop haut, le calcaire sort et le chlore n’agit plus qu’à moitié.
Le clarifiant vient en dernier, après le choc, pour finir une eau qui s’éclaircit déjà : il regroupe les particules pour que la cartouche les attrape, il ne tue rien, 8 ml pour 800 litres. Le floculant n’entre pas dans un spa gonflable, il colmate une cartouche en quelques dizaines de minutes. Intex et MSpa ferment la question avec la même phrase : une eau qui reste trouble malgré une chimie correcte se change.
Le spa fait de la mousse, et les bulles n’y sont pour rien
La mousse, c’est du savon. La lessive des maillots, la crème solaire, le déodorant, le shampoing : des tensioactifs, ce qui fait mousser un savon, et 800 litres n’en diluent pas grand-chose. Les bulles les font seulement remonter.
Le geste gratuit : la douche avant le bain, que trois notices sur quatre demandent, et des maillots rincés à l’eau, sans lessive. L’adoucissant de la machine finit dans le spa, et il mousse très bien. L’anti-mousse enlève la mousse du soir, 10 ml à chaque fois, et Bayrol l’écrit sur le flacon : si elle revient, on renouvelle l’eau. À 25,95 euros le litre, il coûte plus qu’une vidange.
Ça sent le chlore, l’œuf pourri ou le moisi
Une odeur de piscine municipale sous le couvercle veut dire pas assez de chlore, pas trop. Le chlore qui a réagi avec la sueur et l’urine devient de la chloramine : elle sent dès 0,02 mg/l et elle ne désinfecte plus rien. Le remède est un choc, qui la casse et remonte le chlore libre.
L’œuf pourri ou l’égout vient d’une eau qui a stagné dans le circuit : un biofilm, une pellicule de bactéries collée dans les tuyaux et le bloc, que le désinfectant n’atteint plus. Nettoyant canalisation, 160 g pour 800 litres, une heure de circulation, puis la vidange.
Le moisi vient du couvercle, ou d’une cartouche rangée humide. Le dessous du couvercle s’éponge à l’eau chlorée, 10 mg/l, sans abrasif, puis sèche au soleil avant de refermer. La cartouche qui sent le moisi se jette. Si l’odeur reste avec un couvercle propre et une cartouche neuve, c’est le biofilm, même remède : le nettoyant canalisation, puis la vidange.
L’eau est verte et les parois glissent
Le désinfectant est à zéro depuis des jours, après une absence ou un couvercle resté ouvert au soleil, et les algues ont pris le PVC. L’éponge sur les parois, le pH corrigé, un choc couvercle ouvert, et la cartouche rincée le lendemain matin parce qu’elle aura tout pris. Encore verte après le choc et sa nuit de filtration, l’eau part : on vide et on lave la cuve.
Avant une absence, chargez le diffuseur et fermez le couvercle, une pastille de 20 g fait la semaine. Au retour, un choc, Bestway le demande même quand l’eau paraît propre.
Brome, chlore ou oxygène actif : lequel prendre
Le chlore, pour un quatre places sur la terrasse qu’on vide au moins une fois par mois. Intex, Bestway et MSpa l’admettent à la température de consigne, 40 °C au maximum. Le « chlore inefficace au-dessus de 30 degrés » du vendeur n’est écrit dans aucune des trois notices. Contre Pseudomonas, la bactérie du spa, l’OMS cite une étude où il fait mieux que le brome : la bactérie retrouvée dans 5 % des bains au brome contre 0,8 % au chlore.
Une pastille de 20 g par semaine dans le diffuseur flottant, jamais au fond : Bestway prévient qu’une pastille posée sur le liner le décolore.
Le piège est dans le mot « multifonction » sur la boîte : ces pastilles sont stabilisées. Une pastille de 20 g apporte 13,5 mg/l de stabilisant, l’acide cyanurique, dans 800 litres, quatre en font 54, et au-delà de 50 le chlore ralentit, jusqu’à cent fois sur Pseudomonas. Intex et le CDC écrivent de ne pas en mettre dans un spa. Le stabilisant ne se consomme pas, seule la vidange l’emporte : la vidange mensuelle fait partie du traitement.
Face à lui, le brome, pour 800 litres :
| Chlore | Brome | |
|---|---|---|
| Par mois | 1,70 euro | 6 euros, oxydant compris |
| Dose | 1 pastille par semaine | 3 pastilles par quinzaine |
| pH toléré | Jusqu’à 7,6 | Jusqu’à 7,8 |
| Odeur | Oui, s’il en manque | Très peu |
| Stabilisant | Oui, la vidange le retire | Aucun |
| Contre Pseudomonas | Plus rapide | Plus lent |
Le brome si votre pH ne redescend pas malgré le pH moins, ou si l’odeur du chlore vous gêne. À douze pastilles par semaine dans un six places, vous en mettez six fois l’étiquette, et le brome n’est pas ce qui manque : regardez la cartouche et la douche.
L’oxygène actif, NetSpa le conseille et Bestway l’accepte dans son distributeur. Sans chlore ni stabilisant, il oxyde et disparaît. Il se dose avant chaque bain, 8 à 16 g pour 800 litres, plus un activateur hebdomadaire qui est un algicide, parce que seul il ne tient pas les algues. Trois bains par semaine, 4,50 à 6,75 euros par mois, un bain par jour, jusqu’à 12,90. Prenez-le pour une peau qui ne supporte pas le chlore.
Quel produit mettre dans un spa gonflable, et ce qu’on laisse en rayon
Cinq produits, pour un spa gonflable comme pour ce que le voisin appelle un jacuzzi. Ils tiennent dans un placard, et le rayon en propose vingt :
- Des bandelettes, 13 à 16 euros les cinquante, le seul instrument.
- Du pH moins, la saison entière dans un pot de 1,5 kg.
- Le désinfectant choisi : au chlore, des pastilles de 20 g, 20 à 21 euros le kilo, un an de spa.
- Son choc, des granulés de chlore, 19 à 21 euros le kilo, ou l’oxydant du brome.
- Deux cartouches d’avance, et un nettoyant canalisation, 17 euros, pour les vidanges.
Rien ne porte la marque du spa : le même chlore va dans un PureSpa Intex, un Lay-Z-Spa Bestway ou un MSpa. Le kit de démarrage Bestway à 16,95 euros fait le premier mois de n’importe lequel : trois chocs, des correcteurs de pH, dix bandelettes. Le diffuseur flottant est livré chez Intex, Bestway et MSpa, à acheter chez NetSpa.
Le reste traite un symptôme, ou un spa qui n’est pas le vôtre. L’anti-mousse et le clarifiant effacent ce qu’on voit, le floculant bouche la cartouche. L’algicide, aucune notice ne le demande : sous couvercle, désinfectant tenu, pas d’algues. L’anti-calcaire, 18,90 euros, seulement si la bandelette lit une dureté au-dessus de 200 mg/l.
Le galet de chlore de la piscine, jamais : 250 g dosés pour 25 m³, trois fois le seuil de stabilisant en un seul galet, et un floculant qui finira dans la cartouche. L’eau de Javel non plus : du chlore, mais une bouteille qui perd sa force à la chaleur et un pH de 11 à 13 qui pousse celui du spa.
Le pH monte tout seul, et c’est à cause des bulles
Les bulles chassent le gaz carbonique dissous, et une eau qui perd son CO2 voit son pH grimper et son TAC baisser. D’où le pH moins toute la saison, et presque jamais de pH plus. Au chlore, restez dans le bas de la fourchette : au-dessus de 7,5, moins de la moitié du chlore est active.
Réglez le TAC, l’alcalinité, avant le pH. C’est le tampon de l’eau : trop bas, le pH n’accroche pas, trop haut, le calcaire sort. Du bicarbonate de sodium sous 60 mg/l, du pH moins au-dessus de 120. Le pH moins, du bisulfate de sodium, se dissout bulles en marche, jamais en même temps qu’un autre produit, et le pot de 1,5 kg coûte 9,50 à 24 euros selon la boutique.
Et l’eau mal réglée abîme le spa : un pH bas attaque la cuve et la pompe, un pH haut ou une eau dure déposent du calcaire jusque dans la pompe, et aucune des quatre garanties ne paie un dégât d’eau mal dosée.
Voir aussiDurée de vie d'un spa gonflable et de sa pompeCombien d’heures de filtration par jour
En continu, et le bloc s’en charge : sur les quatre marques, chauffer c’est filtrer, et à 38 °C sous couvercle ça chauffe presque tout le temps. La différence se joue quand vous coupez la chauffe :
- Intex : la filtration continue 24 heures puis s’arrête seule, ce n’est pas une panne, on rappuie sur la touche filtration.
- Bestway : rien ne s’arrête jamais seul.
- MSpa : elle s’arrête trente secondes après le chauffage, puis repart une heure toutes les huit.
- NetSpa : elle continue, et sonne au bout de 150 heures pour rappeler la cartouche.
La pompe seule fait 40 W chez NetSpa et 50 chez Intex : autour d’un kilowattheure par jour, une vingtaine de centimes, et le chauffage fait le reste de la facture. L’hiver ne change rien à l’eau. À 38 °C sous couvercle, elle se traite comme en juillet, et la consigne comme le gel sont dans le guide de l’hiver.
La cartouche : la rincer, l’alterner, la changer
Sous le jet du tuyau d’arrosage, entre les plis, après chaque bain à plusieurs et au moins deux fois par semaine. Pas de lave-vaisselle, aucune notice ne l’admet.

Gardez-en deux et alternez, une dans le bloc, une qui sèche. Une fois par mois, trois à cinq heures dans un seau avec un nettoyant cartouche, 100 g dans 5 litres, ou une heure dans le vinaigre blanc contre le calcaire. À 28,70 euros les 800 g, le nettoyant se rentabilise si vos deux cartouches font des mois, sinon la neuve coûte moins.
Débit qui chute ou code sur le panneau, même verdict qu’une cartouche restée brune après le jet : une neuve. Ce qu’elle coûte marque par marque, sa cadence et ses codes sont dans le guide de la durée de vie.
Vider tous les combien, et nettoyer quoi
Une fois par mois, plus tôt si vous êtes quatre dedans plusieurs soirs par semaine. La formule du rayon, le volume divisé par trois puis par le nombre de baigneurs, sort quatre mois pour deux personnes dans 800 litres (on aimerait bien). Les notices demandent plus souvent : deux semaines chez Intex, trois à cinq jours chez MSpa, quinze à trente chez NetSpa.
Avant de vider, le nettoyant canalisation sur l’eau qu’on va jeter, une heure, 2,70 euros la fois, pour le biofilm des tuyaux. Une fois vide, la cuve à l’éponge et au savon doux, ni brosse dure ni abrasif. Le vinaigre blanc a sa place ici, sur la cuve vide : moitié eau, moitié vinaigre sur la ligne d’eau quand le calcaire l’a blanchie, l’éponge, puis le jet avant de remplir. Dans l’eau du spa, jamais. C’est un acide organique, du sucre pour les bactéries, et il ne remplace pas le pH moins. Où va l’eau, le guide de l’installation le règle : pas au tout-à-l’égout, et sur la pelouse quinze jours après la dernière pastille.

Si vous en êtes encore à choisir le spa
Aucun modèle ne dispense de ces gestes. L’électrolyseur au sel fabrique du chlore et vous laisse le pH et la cartouche, plus une cellule qui s’use dans le bloc. Avant le nombre de places, cherchez le bloc et le liner dans les pièces détachées de la marque.

Combien d'adultes tiennent dans un « 4 places », bulles ou jets d'eau, et le spa dont le bloc se rachète et qui passe l'hiver dehors.
Le jour du remplissage, écrivez la date au marqueur sur le bloc. À quatre semaines, on vide, quoi que dise la bandelette : elle ne lit pas le stabilisant.
