Le spa est dans le carton, ou dans le panier, et la terrasse est sous vos yeux. Elle va recevoir le poids que la notice annonce, baigneurs compris, au même endroit tout l’été. Mettez ce chiffre en face de chaque sol de la maison. Quel spa prendre est une autre question, ici on cherche où le poser.
Le comparatifMeilleur spa gonflable : 2, 4 ou 6 placesCombien pèse un spa gonflable rempli
Entre 700 et 1 150 kg plein, sans personne dedans, 1 000 à 1 700 kg avec ses baigneurs. Intex l’écrit dans sa notice : le sol doit porter 1 136 kg sous un quatre places rempli avec quatre adultes, 1 592 kg sous un six places. Bestway imprime le poids plein sur l’emballage, lisez-le avant de sortir la cuve. Pour les autres, un litre pèse un kilo :
| 4 places | 6 places | |
|---|---|---|
| Eau | 650 à 800 L | 930 à 1 120 L |
| Plein, personne dedans | 700 à 835 kg | 950 à 1 155 kg |
| Plein, quatre baigneurs | 1 000 à 1 136 kg | 1 250 à 1 455 kg |
Ramené à l’empreinte au sol, 2,4 à 3,7 m², ça fait 250 à 315 kg/m² sans personne dedans, 340 à 430 avec quatre baigneurs, et 454 avant le premier baigneur pour le cas lourd, un Bestway Helsinki de 1 123 litres dans un rond de 1,80 m.
NetSpa demande un sol qui porte 500 kg/m², et c’est la bonne marge : l’eau n’appuie que sur le fond du bassin, 46 à 53 cm de hauteur, 460 à 530 kg/m² sous la cuve. Une lame de terrasse ou une dalle sur plots reçoit ce chiffre-là sous le milieu du spa, et la structure en dessous reçoit le total.
Ce que votre sol est prévu pour porter
Un plancher, un balcon ou une terrasse sont calculés pour une charge d’exploitation, le mot que vous lirez dans toute réponse d’un professionnel. Elle s’écrit en kilonewtons, un pour cent kilos.
Charge d'exploitation
La charge variable qu’un concepteur a prise en compte pour un plancher, un balcon ou une terrasse, étalée sur toute la surface : 150 kg/m² pour un plancher d’habitation, 350 pour un balcon, 350 pour une terrasse en bois privée. Une tonne posée sur trois mètres carrés est une charge concentrée, et la règle ne la chiffre pas : elle se calcule au cas par cas.
Sur les trois mètres carrés d’un spa, 150 kg/m² font 450 kilos et 350 en font 1 050, là où le spa en pose 1 136 avec quatre adultes. L’exemple que le DTU donne pour ses 350 kg/m² est une piscine gonflable de 35 cm d’eau qui couvre toute la terrasse, et pour ce qui reste des mois, il n’admet que 125 kilos par mètre carré.
Le chiffre de la règle dit quand c’est non. Il ne dit jamais quand c’est oui. Ce qui dit oui, c’est la terre sous la structure, ou quelqu’un qui calcule avec la section et la portée de vos solives. Un plancher d’étage est donc hors jeu d’office, un balcon est à la limite sans marge, et une terrasse en bois dépend de ce qu’il y a dessous.
Sur une terrasse en bois : oui au sol, à faire calculer en l’air
Regardez sous la terrasse avant de regarder les lames. Posée au sol, sur des plots ou des parpaings, la charge descend dans la terre à chaque appui : oui, avec des appuis en plus sous la cuve. Surélevée sur des poteaux ou en porte-à-faux, aucun chiffre générique ne la couvre, ça se calcule. Le charpentier qui l’a montée a les sections, sinon un bureau d’études structure, 50 à 120 euros HT de l’heure, 500 à 1 500 euros l’étude complète. Sans papier, non.
Les marques ne font pas la différence : Bestway range la terrasse dans ses surfaces à éviter, Intex et MSpa renvoient à un ingénieur.
Posée au sol : des appuis en plus sous le spa
Un plot polymère réglable encaisse plus d’une tonne, et Jouplast, qui les fabrique, en prescrit au moins six par mètre carré sous un spa, avec un panneau de polystyrène extrudé de 20 mm entre les lames et la cuve. Sur parpaings et lambourdes, même idée : des parpaings tous les 50 cm, et sous l’emprise du spa des lambourdes doublées avec des renforts perpendiculaires.
Avant de commander quoi que ce soit, passez la tête dessous, par le côté ou en dévissant une lame :
- Sur quoi ça repose : des plots, des parpaings, ou des poteaux et du vide.
- L’écart entre deux appuis, 50 à 60 cm. Au-delà, on en ajoute sous le spa.
- Un bord qui dépasse son dernier appui. Un porte-à-faux de 75 cm ne porte pas un spa.
- Le bois : la pointe d’un tournevis qui s’enfonce dans une lambourde, et la terrasse a un autre problème que le spa.

Le bois sous la cuve
Sous une cuve qui ne bouge pas de juin à septembre, les lames ne voient ni le soleil ni l’air, et les éclaboussures et la condensation y restent. Le DTU affecte une terrasse à la classe d’emploi 4 par défaut, le bois prévu pour rester humide.
Protégez-le avec une bande bitumeuse sur les lambourdes, des rondelles de 5 mm entre lame et lambourde pour que l’air passe, et ne posez jamais le couvercle sur les lames, il blanchit le bois. Avant l’hiver, spa rangé, soulevez une lame de la zone et regardez la lambourde.
Sur une dalle béton ou une terrasse carrelée : oui
Oui, et c’est l’emplacement des notices : Bestway conseille le béton, Intex une zone plane, résistante à l’eau et sans objet coupant. Sur terre-plein, le sol porte et la dalle répartit. Une dalle portée, sur vide sanitaire ou sur poteaux, porte elle-même entre ses appuis, une tonne au milieu peut la poinçonner : celle-là se fait vérifier comme une terrasse en l’air.
Des dalles de 2 cm sur plots tiennent quand les plots reposent sur du béton. N’ajoutez pas de plot au centre d’une dalle, ça la déséquilibre.
La planéité compte plus que l’épaisseur. Une cuve sur une pente charge un côté plus que l’autre : Bestway prévient que ça fatigue les soudures, MSpa sort de garantie un spa posé sur une base inégale, et le repère de Jouplast est une pente sous 1 %, sans creux de plus d’un centimètre sur trois mètres. Balayez avant de poser le tapis : un caillou sous le fond le perce, avec 800 kilos dessus.
Sur un balcon : non, sauf attestation écrite
Non. Un balcon est une dalle tenue d’un seul côté, calculée pour 350 kilos par mètre carré répartis, et Bestway le range dans ses surfaces à éviter. Le non devient oui sur une feuille : l’attestation d’un bureau d’études structure, celui qui a construit l’immeuble de préférence, le syndic sait le joindre, 500 à 1 500 euros.
Le syndic, vous le verrez de toute façon : la structure d’un balcon est souvent une partie commune, même privatif, le règlement peut interdire les charges lourdes ou les écoulements, et ce qui touche aux parties communes passe en assemblée générale, à la majorité absolue.
Locataire, il vous faut l’accord écrit du bailleur, dimensions, volume, durée et vidange dedans. Le jour du dégât des eaux, vous répondez de ce que vous avez sous votre garde, article 1242 du Code civil, et l’assurance peut refuser une installation sans autorisation.
À l’intérieur : oui au rez-de-chaussée, non à l’étage
À l’étage, non : un plancher d’habitation est calculé pour 150 kg/m², et Intex l’interdit dans sa notice au-dessus d’un espace de vie, à cause de l’eau et de l’humidité. Au rez-de-chaussée sur dalle, oui, Intex le prévoit, avec un sol qui supporte l’eau, un endroit où vider, et de l’air qui sort.
Intex veut un sol résistant à l’eau et antidérapant, sans moquette, Bestway écarte le liège, le bois brut et tout ce qui est poreux : ça garde l’humidité et les produits de traitement l’attaquent. Un carrelage, donc, et des murs sans tapisserie ni boiserie. Gonflé, un quatre places fait 2,42 mètres avec son bloc, et MSpa demande qu’il ressorte de la pièce sans casser un mur.
La cuve se vide par gravité avec l’adaptateur pour tuyau d’arrosage livré, 10 à 15 litres par minute, une à deux heures, vers un point plus bas que le fond du spa. Sans siphon au sol, une pompe vide-cave remplace la pente, et Bestway exige un drainage : de l’eau sort aussi au remplissage et pendant le bain.
L’humidité, et comment on la tient
Découvert, un quatre places évapore 0,8 à 1,65 litre par heure, 20 à 40 litres par jour. Sans traitement de l’air, la pièce monte à 80 ou 90 % d’humidité et l’eau coule sur les murs. On vise 55 à 60 %.
Le couvercle fermé entre deux bains est le premier geste. Ensuite une ventilation, que les notices demandent sans la chiffrer : une VMC de salle de bains tire 15 m³ par heure. Si la buée reste, un déshumidificateur de 12 à 20 litres par jour pour 20 à 30 mètres carrés, 300 à 400 watts, une douzaine d’euros par mois à six heures par jour.
Dans une cave ou un garage : à condition de chauffer la pièce
À condition que la pièce soit chauffée, ventilée ou déshumidifiée, et qu’elle ait une évacuation. Intex interdit l’usage sous 4 °C d’air, la chauffe ralentit sous 10 chez Intex et MSpa, et par 10 °C d’air, Bestway annonce 16 à 24 heures pour amener l’eau de 10 à 40 °C : un garage à 10 °C en janvier, c’est une journée de chauffe avant le bain. Une cave sans ventilation demande le déshumidificateur dès le premier bain, et le sol brut convient.
Voir aussiSpa gonflable en hiver : tourner ou rangerPlié dans son carton, un Intex quatre places fait 80 x 57 x 50 centimètres et 44 kilos, un NetSpa 26 : l’escalier se descend avec le carton, jamais avec la cuve.
Dans une véranda : oui, si elle se ventile
Oui. Intex la cite pour l’hiver, ses baies s’ouvrent quand l’air est saturé, et c’est le meilleur des intérieurs. Sans traitement de l’air, la condensation couvre les vitres et remonte en toiture : des grilles en haut et en bas des cadres qui renouvellent l’air deux fois par heure, dix minutes d’aération par jour, un déshumidificateur si ça ne suffit pas.

Derrière une vitre en plein soleil, le PVC se dilate, et Bestway coupe la pompe au-dessus de 40 °C d’air ou après une longue exposition directe. Une véranda en juillet, c’est stores baissés et baies ouvertes, ou le spa dehors à l’ombre : le soleil direct fait partie de ce qui use un spa avant l’heure.
Le tapis sous le spa
Un tapis, toujours, et il n’est pas dans tous les cartons. Intex livre un tapis de sol thermique, NetSpa un tapis à boucles, Bestway et MSpa rien : le tapis Bestway est en option, 29 à 45 euros, MSpa accepte toute mousse qui fait barrière thermique. Un tapis Intex seul coûte 23,90 euros, des dalles puzzle de 5 à 8 mm 10 à 20 euros pour 2,5 à 3,2 m².
Il retient la chaleur qui part par le fond, amortit les vibrations du bloc, et fait une couche entre la cuve et ce qui pourrait la percer. Il ne rend pas un sol acceptable : l’herbe, la terre, le gravier et le sable restent exclus.
La prise : à plus de 4 mètres, sans rallonge
Le cordon fait 3 à 5 mètres selon les modèles, et la prise doit être à plus de 4 mètres du bassin chez Intex et Bestway, 2 mètres chez NetSpa, à 1,2 mètre de haut chez Intex. Entre les deux, il reste au mieux un mètre de jeu : placez la prise avant de placer le spa.
Une prise avec terre, sur un circuit 16 ampères qui ne partage rien : le chauffage Intex tire 2 200 watts, 3 050 avec les bulles et la filtration, 13,3 ampères, et la notice prévient que le disjoncteur saute si un autre appareil est sur le même circuit. Bestway est à 2 050 watts, MSpa et NetSpa à 1 500. Ce que ces watts coûtent au mois a son guide.
Voir aussiConsommation électrique d'un spa gonflableLe boîtier sur le cordon est un disjoncteur différentiel 10 mA, les quatre marques l’ont, à tester avant chaque bain, TEST puis RESET. Il ne dispense pas du différentiel 30 mA au tableau, qu’Intex et Bestway exigent et que la NF C 15-100 impose. Dehors, une prise qui tient les projections d’eau, IPX4 au minimum, posée par un électricien pour 120 à 280 euros TTC, 150 à 250 de plus si le tableau n’a pas de 30 mA.
Le bruit de la pompe, et les voisins
La filtration seule fait une cinquantaine de décibels, moins qu’une conversation, et elle tourne la nuit. Les bulles montent à 74 à 77 dB au panneau de commande, un aspirateur, MSpa le plus discret et Bestway le plus bruyant, 66 à 69 au-dessus de l’eau. Elles s’arrêtent seules au bout de 20 minutes chez MSpa, 30 chez Intex.
La loi ne donne pas de seuil à un particulier : l’article R.1336-5 du Code de la santé publique juge à la durée, à la répétition et à l’intensité. Les 5 dB le jour et 3 dB la nuit au-dessus du bruit de fond sont le repère de l’administration pour les activités professionnelles ou de loisir organisées.
Pour l’atténuer : le spa loin d’un mur vertical, Intex le demande, le bloc du côté opposé aux chambres, une mousse sous la cuve contre les vibrations, un coffre en bois doublé d’isolant autour du bloc, et les bulles avant 22 h. Éloigner le bloc en rallongeant les tuyaux ne marche pas, il doit rester collé à la cuve.
Avant d’ouvrir le robinet, allez voir sous la terrasse ou sous le plancher, jusqu’à la terre. Si vous la trouvez, posez le tapis et remplissez. Si vous trouvez du vide, appelez celui qui l’a construite, et gardez son papier.
